J1 – Le devoir de se rassembler

Par Mathieu Arsenault, chargé de communication

C’est ce jeudi 6 avril que s’est amorcée cette nouvelle expérience qu’est Tribu17. C’est parti pour près de 3 jours de réflexion et de travail pour conquérir un nouveau terrain d’innovation et proposer des solutions pour faire les choses autrement.

Notre philosophe en résidence, Jean Bédard, a brisé la glace en proposant sa vision de la tribu. Elle sert évidemment à donner une direction à un ensemble d’individus, à donner des repères pour les guider. L’effet de groupe a toutefois tendance à restreindre les actions des individus, à les empêcher d’aller trop loin, afin de protéger l’intérêt du groupe. Cela impose une uniformité que l’individu doit constamment remettre en question.

Celui-ci possède la conscience de voir et l’intelligence du pouvoir, nous dit le philosophe. C’est à lui qu’incombe la responsabilité de persévérer et de faire des choix éclairés. La tribu ne devrait pas être guidée par un troupeau aveugle.

À l’échelle de la société, cela soulève une question fondamentale et porteuse d’un dilemme : en démocratie, doit-on se fier à une masse critique d’individus ou écouter davantage des individus « éclairés », des experts et faire fi des demandes populaires?

De son côté, Steven Olikara, jeune américain fondateur du Millennial Action Project, organisme qui vise à fédérer la génération des « milléniaux » de toute affiliation politique confondue, a attiré l’attention des participants sur le sort de sa génération dans l’arène publique. Bien qu’elle s’impose de par son nombre croissant, qui bientôt supplantera celui des baby-boomers, cette jeune génération est pratiquement absente des partis politiques et du gouvernement, a-t-il expliqué en entrevue avec la journaliste Marie-Joëlle Parent

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Selon lui, la nouvelle génération doit se faire entendre davantage, car les défis auxquels elle est confrontée sont très distincts : dette étudiante étouffante, difficulté à percer le marché de l’emploi et les conséquences de plus en plus précises et sérieuses des changements climatiques.

Parallèlement, une relation de plus en plus conflictuelle se dessine entre la diversité qui la compose et son ouverture aux autres par rapport au système politique ultra partisan des États-Unis. Les jeunes abandonnent de plus en plus la sphère politique et le service public au profit de communautés plus restreintes pour agir localement, de sorte à éviter les affrontements avec les institutions qui n’évoluent pas assez rapidement. Cette relation tendue a subi un véritable électrochoc avec l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, selon Olikara. Elle pourrait servir de levier pour transposer l’énergie du militantisme des « milléniaux » dans la sphère politique et ultimement redorer le service public.

Si ces tendances se poursuivent, cette génération arrivera un jour au pouvoir, mais pour véritablement faire autrement, comment s’assurer que le changementsoit durable, non générationnel et que l’on demeure en permanence à l’écoute de la génération qui suit, pour qu’au final, tout ne soit pas à recommencer? Selon Olikara, l’une des réponses réside l’attention qu’il faut porter envers ceux qui nous succèdent : « when the next generation comes along, we need to be focus on cultivating them! »

Photos © Alexandre Claude

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